• Fenêtre à Espalion...

    Près du vieux pont, à Espalion, je suis tombée en extase devant cette vieille fenêtre.

    J'avais envie de m'approcher et regarder dans l'interstice, sans toucher, car elle semblait si vieille et si fragile...

     

    Près du          Vieux Pont,

    à Esp          alion,

    J'ai aperçu     une fenêtre

    Légèrement     entrouverte

    Autrefois      persienne

    Aux lamelles          anciennes.

    Certaines       ont lâché.

    Elle a été        rafistolée

     

     

    Pour lui rendre hommage, la mettre en lumière, voici un joli poème en prose de Charles Baudelaire :

     

    Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

    Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

    Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.

    Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.

    Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?

    Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869


    6 commentaires
  • Nous étions en balade avec mon amie Caythycat, du blog "La new cathzette", dans une ville à la fois petite et grande que j'appellerai Bordernos. C'était la fin d'après-midi et nous voulions rentrer chez nous. Je ne sais pas comment nous étions arrivées à Bordernos, ni ce que nous y avions fait. Mais il fallait repartir.

    Cathycat s'est mise à courir très vite, en voyant un bus qui s'arrêtait. J'ai accéléré le pas mais je n'ai pas couru. Cathy avait disparu. Il y avait beaucoup de monde à l'arrêt.

    Quand je suis arrivée au niveau du bus, il démarrait. J'ai tapé sur ses flancs et le chauffeur a ouvert la porte. Cathycat était derrière moi. J'ai sorti de mon, sac à main un billet, plus grand que les billets d'avion.

    Le chauffeur l'a regardé et m'a dit que ce n'était pas le bon.

    Cathycat avait des billets un peu plus petits qu'elle venait d'acheter et elle en a donné deux pour nous.

    Pourquoi alors est-elle descendue et pourquoi l'ai-je suivie dans une sorte de hall de gare ?

    Je lui ai dit : "Le bus va partir".

    Nous sommes sorties du hall et nous avons vu partir le bus, plein d'enfants et très coloré, presqu'ensoleillé, comme les bus qui partaient à Katmandou :

    Bus photographié à Ottawa, dans un musée

    Nous avons crié, lui avons fait signe, couru derrière. En vain...

    "Quand passe le prochain ?" ai-je demandé. Il n'y avait ni panneau ni personne pour nous renseigner et la nuit commençait à tomber.

    "Je vais appeler mon frère pour qu'il vienne nous chercher avec son camping-car mais il faut trouver un lieu facile d'accès car il ne peut pas circuler dans les petites rues. Il faut trouver un point de ralliement." Il n'y avait rien à proximité, que des rues sombres et étroites.
     

    Nous sommes allées voir une commerçante dont le magasin était encore ouvert pour lui demander de nous aider à trouver un point de ralliement, quelque chose de connu. Cathy a acheté un objet de la forme d'une grande bassine que je n'ai pas reconnu, blanc et encombrant.
    La dame blonde, cheveux courts : "C'est une petite rue ici. Il y a des sens interdits, des interdictions de se garer. C'est une bonne idée. Je vais indiquer le circuit d'accès pour camping-car sur mon site".

     

    Deux jeunes hommes sont sortis du magasin, et nous leur avons demandé la même chose.

    L'un était blond et blanc de toute sa personne. Pour me répondre il s'est approché de moi presque à me toucher. Il riait parce que je reculais. "Oui, oui, je vais vous aider..."

     

    Je me suis réveillée et je ne sais pas si nous avons passé la nuit à Bordernos ou pas...

     


    7 commentaires

  • "Espoir+Volonté=Joie"
    Quel joli nom pour un bateau, n'est-ce pas ? C'est celui d'une barque, photographiée il y a quelques années, en Martinique, aux Anses d'Arlet. C'était en 1999, avec mon premier appareil photo numérique, quand personne n'y croyait parce que la qualité était médiocre. N'empêche que j'ai imprimé ces photos sur mon imprimante Epson photo sur du papier de bonne qualité et les ai affichées dans mon bureau depuis. Quand j'ai un coup de blues, ou l'impression de me battre contre des moulins à vent, je regarde ma barque et je repars !

     

     
    J'aime bien aussi le nom de cette autre barque Martiniquaise : "Un jour dans ma vie".





    Ou celle de cette barque photographiée à Aveiro (Portugal) par mon frère, Philippe, sur laquelle est peint un couple d'amoureux entourés de fleurs avec la phrase : "Abreme a porta de teu jardim" (ouvre moi la porte de ton jardin). Belle déclaration d'amour....

     





    Et puis une belle porte photographiée à Grand Rivière en Martinique qui se prénomme "L'attirance des Jaloux" :



     

    Avez vous découvert d'autres noms aussi porteurs de rêve et d'espoir, au cours de vos promenades ou voyages ?
     
     
    J'avais publié cet article au tout début de mon blog, en mai 2009. J'ai pris pour devise le nom de la barque : Effort + volonté = joie...

    8 commentaires
  • En 2012 j'ai découvert la jolie ville de Granville dans le Cotentin (Normandie).

     

    Il était 7h00 à Granville où j'étais pour quelques jours, dans un hôtel près du port.  Le ciel était gris presque noir et le soleil venait juste de se lever. J'ai pris mon appareil photo et je suis allée me balader sur le port. La Cathédrale de style Byzantin qui veille sur la ville se découpait sur les nuages, ourlée de fines zones dorées. Je suis restée plusieurs dizaines de minutes à l'admirer et la photographier, testant divers réglages sur mon appareil photo.

     

    J'aurais aimé visiter cette basilique, mais je n'ai pu l'admirer que de l'extérieur. Elle était fermée pour travaux.

    Je suis revenue à Granville l'année suivante et j'ai encore tenté de visiter cette imposante église. Elle était toujours fermée. J'ai quand même pris ces jolies photos :

    L'église Saint-Paul de Granville, à vendre pour 30 000 €...
    L'église Saint-Paul de Granville, à vendre pour 30 000 €...
    L'église Saint-Paul de Granville, à vendre pour 30 000 €...
    L'église Saint-Paul de Granville, à vendre pour 30 000 €...

    Il y a quelques mois j'ai été vraiment surprise d'apprendre que cette imposante et magnifique église de Saint-Paul de-Granville était mise en vente dans une agence immobilière parisienne pour 30 000 € (755 m² de bâtiment principal et 235 m² de dépendances).

     

    Vous pouvez voir l'annonce (toujours en ligne) en cliquant ICI.

    La mise à prix est fixée à 30 000 €, honoraires de négociation inclus, sous la forme d’un bail emphytéotique au profit de la commune.

    "L’église Saint-Paul et son parvis dominent le centre historique et le port de plaisance, offrant un large panorama sur la mer. Réciproquement, elle est visible de loin depuis la mer et la Haute Ville, sculptant la ligne d’horizon comme une sorte de proue de la ville neuve."

    C’est en ces termes que l’agence immobilière Patrice Besse, installée Rive gauche à Paris, décrit l’édifice, cependant très dégradé.

    Le diocèse Avranches-Coutances a émis ses conditions :

    • le transfert de la sépulture du chanoine Pinel enterré dans l’église,
    • le transfert du maître-autel financé par l’association diocésaine, du mobilier et de la statuaire.

    La commune de Granville a ensuite lancé un appel à projets avec l’obligation de répondre à trois objectifs :

    1. patrimonial,
    2. économique
    3. et sociétal.

    Les acheteurs ne devront pas modifier le dôme et rappeler la vocation initiale du site qui devra être accessible aux Granvillais. Il n'y a pas de contraintes liées aux Monuments Historiques.

     

    Si j'héritais d'un oncle d'Amérique ou si je gagnais au loto, j'achèterais avec plaisir cette basilique et la restaurerais.

    Puisqu'elle a été désaffectée par le Diocèse, je la transformerais en lieu de rencontres autour

    des arts (peinture, sculpture, musique, vitrail),

    de la transmission et l'apprentissage,

    pour qu'elle soit la fierté de tous ceux qui -main dans la main- participeraient à sa restauration et son embellissement.

    Les livres, la photographie, l'Histoire et les histoires, la mer, y auraient leurs chapelles.

    De son parvis la vue sur l'Océan est magnifique, illimitée et éternelle...

     

    Si...


    18 commentaires
  • Je rêve parfois que je suis encore au travail, mais les différents locaux où j'ai travaillé et les collègues côtoyés se mélangent.

     

    Hier soir, il y allait avoir une fête, sans doute la soirée des voeux : de la musique, des apéritifs et des rires. Puis nous nous sommes assis autour d'une grande table rectangulaire. Nous étions une trentaine au moins. En face de moi, il y avait un ancien ami avec qui les relations sont difficiles aujourd'hui. Il était tout sourire et m'avait serrée -amicalement- contre lui pour me saluer.

     

    Le traiteur est arrivé avec un poulet minuscule dans un plat dans une main et plein de poulets tenus sur un autre plat, dans l'autre main. Le poulet minuscule était bien rôti mais raplapla comme s'il avait été écrasé entre deux portes. Les autres poulets étaient normaux mais pas grillés, entassés les uns sur les autres.

    Le serveur a proposé de couper le poulet mais j'ai dit : "Non, je vais le faire". Pauvre folle ! C'était mission impossible car le petit poulet était à partager pour toute la table, les autres étant prévus pour les autres tables.

    J'ai coupé 4 morceaux, ne me suis pas servie et j'ai fait circuler le poulet.

     

    Un serveur a apporté l'accompagnement, des sortes de briquettes de la taille d'une petite boite d'allumettes. J'ai mordu dans une "briquette". Cela avait la consistance d'une éponge. J'ai râlé.

    Ensuite on nous a servi une assiette avec quelques grains de riz, des asperges dont il manquait les têtes, un peu de sauce, trois pauvres champignons.

    J'ai goûté : ce n'était pas bon.

    "Le risotto est délicieux" a dit quelqu'un près de moi. Ce n'était pas mon avis.

    D'autres plats ont été apportés, en vrac et mélangés : des desserts avant des entrées... Rien n'était bon.

    J'étais contente d'être avec mes collègues, ce qui compensait.

    Et puis je me suis réveillée, sans savoir comment la fête s'était terminée...

     

    Ce rêve est un mélange d'anecdotes qui me sont arrivées :"Ne goûtez pas tout dans votre assiette" (j'avais goûté une galette rouge sous une huître") et de soirées de voeux fastueuses organisées par mon entreprise, il y a une vingtaine d'années... Buffets du monde à la Base Sous-marine à Bordeaux une année, pour les voeux. Buffet de la mer au bord du Bassin d'Arcachon, plage Pereire, pour le baptême du bateau de Titouan Lamazou, suivi d'une balade sur le Bassin d'Arcachon, en pinasse, pour suivre le voilier. Inoubliable...

     


    8 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique