• J'ai lu et apprécié il y a deux ans : "Les heures souterraines" de Delphine de Vigan.

    Aussi j'ai emprunté avec plaisir son dernier livre à la médiathèque.

     

    Informations pratiques :

               Roman de Delphine de Vigan, paru aux Editions JC Lattès en janvier 2018. 206 pages. Prix : 17 €

     

    La 4ème de couverture :

    «Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d'innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ?»

     

    Mon ressenti :

    Hélène est professeur de SVT dans un collège parisien, célibataire et attentive à ses élèves.

    Cécile est mère au foyer, maman de Mathis et Sonia, effacée et mal dans sa peau.

    Ce sont les deux narratrices, en alternance de ce roman.

    Théo et Mathis, 12 ans 1/2 sont les deux autres protagonistes de cette histoire, meilleurs amis et élèves d'Hélène qui est aussi leur professeur principal.

    La jeune femme, maltraitée dans son enfance par son père, s'aperçoit du mal-être de Théo et va s'impliquer pour tenter de l'aider.

    Théo est enfant de parents divorcés, en garde alternée, avec une mère blessée et emplie de haine et un père au chômage et au bout du rouleau. L'alcool lui semble être la meilleure échappatoire.

     Mathis, vit dans une famille qui semble unie et heureuse. Il suit en tout son meilleur ami, Théo, évitant plus que tout de le trahir...

    Les 4 personnages sont attachants, chacun à sa façon, fidèle et silencieux, pour respecter l'intimité de l'autre, ces loyautés dont Delphine de Vigan dit : "Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves".

    L'écriture est fluide.

    L'auteur aborde avec justesse, réalisme et délicatesse, de nombreux thèmes : l'amour maternel, l'amitié, le couple, l'éducation, les réseaux sociaux, l'addiction à l'alcool.

    Ce livre est bouleversant mais n'est pas noir car les personnages sont lumineux et leur implication laisse entrevoir une fin heureuse

     

     

    Quelques extraits :

    - En marchant, il  s'est souvenu que petit, lorsqu'il ramassait des cailloux avec Sonia dans le bois de Vincennes, il racontait que c'était des moineaux blessés. Il les tenait avec précaution, il les caressait du bout du doigt, parfois même il leur parlait pour les réconforter. Il leur promettait de guérir, de grandir, il leur disait qu'ils pourraient bientôt s'envoler. Et quand chaque caillou avait absorbé la chaleur de sa paume, quand il semblait rassuré, il le mettait dans sa poche avec les autres cailloux qu'il venait de sauver.

     

    - Il y a longtemps, un homme m'a quittée parce que je ne pouvais pas avoir d'enfants. Aujourd'hui, chaque soir, il s'attarde à son bureau et rentre chez lui le plus tard possible pour ne pas voir les siens.

     

    - Ce qu'il perçoit surtout, c'est ce caillot de haine que sa mère a gardé en elle-même, qui ne s'est jamais dérobé. Il sait que le caillot est là, qu'il suffit de quelques mots pour qu'il s'ouvre en deux et que se répande le sang noir qu'il contient. Il sait que cette haine est le fruit pourri d'une blessure.

     


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  • Ce livre m'a été prêté par Jocelyne lors de l'Apéritif Littéraire du Cap-Ferret du 3 novembre 2018, qui le présentait.

     

    Informations pratiques :

    Roman d'Yves Ravey, paru aux Editions de Minuit en 2017. 188 pages. Prix : 15 €

     

    La 4ème de couverture :

    Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête.
    Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter.
    Une discussion s’engage entre eux et ça démarre très fort.

     

    Mon ressenti :  

    J'ai lu ce livre en quelques heures.

    Le narrateur, Marcello, a laissé le Libéria où il a monté une "école pour enfants déshérités", pour venir voir sa tante Vicky qui lui a signifié la fin du virement mensuel alloué depuis 20 ans.

    Peu à peu nous allons découvrir comme Marcello est odieux, aussi bien comme neveu que comme ex-époux, père, ami, collègue ou patron.

    Quant à Vicky elle est fermement entourée et soutenue.

    C'est court et léger, et il ne se passe pas grand chose. 

    Je n'ai ni ri, ni pleuré, pas noté un seul extrait.

    Je l'ai lu jusqu'au bout, pour connaître la fin, et ce ne fut pas celle que j'attendais...


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  • Ce livre m'a été offert par Françoise de Mont-de-Marsan.

    J'avais déjà lu et apprécié de cet auteur Belge "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes".

     

    Informations pratiques :

    Roman de Karine Lambert, paru aux Editions Jean-Claude Lattès en 2016, et en Livre de Poche en mars 2017. 215 pages. Prix : 6,90 €

     

    La 4ème de couverture :

    Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire. Marguerite a toujours vécu dans l'ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs cœurs se réveillent. Oseront-ils l'insouciance, le désir et la joie ? Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l'ivresse d'une histoire d'amour à l'heure où l'on ne s'y attend plus.  

     

    Mon ressenti :  

    Marguerite était la femme du notaire et la soeur d'Hélène et n'a vécu qu'à travers eux jusqu'à ce qu'à 78 ans elle perde son mari. Son fils Frédéric, notaire lui aussi, voudrait remplacer son père pour régir sa vie.

    Mais la vieille dame va découvrir que "la compensation de la solitude c'est de faire ce qu'on veut quand on veut". Une cure thermale à Bagnères-de-Bigorre dans les Pyrénées va lui donner l'occasion d'étrenner sa nouvelle vie, d'échapper à la rigidité de Frédéric et de faire une belle rencontre.

     

    Marcel, 73 ans, aimait Nora depuis l'enfance et ne se remet pas de sa mort, malgré la tendresse dont l'entoure Manou, sa fille.

     

    J'ai beaucoup aimé ces deux personnages, fragiles et attachants, qui ont su garder leur âme d'enfant.

    Karine Lambert nous propose une belle histoire d'amour, tendre et lumineuse, entre deux septuagénaires et un très joli regard sur la fin de vie.

    Ce roman feel good (qui fait du bien) offre une bouffée d'espoir et une leçon de vie : profitons de chaque instant de la vie, osons aimer quelque soit notre âge, même avancé.

    La fin est particulièrement émouvante et réussie.

     

    Quelques extraits :

    - Sans un regard, sans mots d'amour, sans un mot plus haut que l'autre non plus. Un homme et une femme, deux corps et deux âmes. Lui : raide comme un acte notarié. Elle : la flamme d'une bougie qui tremble mais ne s'éteint pas.

    - Un jour Henri avait esquissé un sourire, les yeux plissés. "Vous avez l'air heureux." "C'est le soleil qui me gêne." Elle n'avait jamais oublié cette réplique.

    - Il a débarqué dans ma classe. On aurait dit un vieux parapluie fermé aux baleines trop serrées avec son costume gris foncé, sa cravate bien nouée et ses chaussures sans un grain de poussière.


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  • J'ai emprunté ce livre à la médiathèque, parmi les romans de la rentrée littéraire 2018. Ce roman a été sélectionné pour le Prix Femina et le Prix Médicis.

     

    Informations pratiques :

    Roman d'Emmanuelle Bayamack-Tam paru en août 2018 aux Editions P.O.L. Prix : 19,00 €

     

    La 4ème de couverture :

    «Si on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse.» 

    Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. 
    Tendrement aimée mais livrée à elle-même, Farah grandit au milieu des arbres, des fleurs et des bêtes. Mais cet Éden est établi à la frontière franco-italienne, dans une zone sillonnée par les migrants : les portes du paradis vont-elles s’ouvrir pour les accueillir?

     

     

    Mon ressenti : 

     

    Nous suivons la narratrice, Farah, de son adolescence passée dans une communauté libertaire, baptisée Liberty House, près de la frontière Italienne, avec ses parents qui ne lui prêtent aucune attention et une grand-mère égocentrique, à son émancipation, d'abord sexuelle puis totale.

    J'ai aimé la description des pensionnaires de cette secte, sortant tous de l'ordinaire, fragiles et inadaptés au monde moderne, multiallergiques, obèses, dépigmentés,  ou intersexué comme Farah, mais je ne me suis attachée à aucun personnage.

    La langue est tantôt poétique, tantôt très crue.

    De nombreux enjeux contemporains sont abordés : éducation, écologie, migrations, technologies, sexualité.

    Mon avis est mitigé. J'ai apprécié la première partie et puis me suis ennuyée à partir du moment où Farah a libéré sa sexualité et quitte la communauté.

     

     

     

    Quelques extraits :

    - Nous avions peur des nouvelles technologies, du réchauffement climatique, de l'électrosmog, des parabènes, des sulfates, du contrôle numérique, de la salade en sachet, de la concentration de mercure dans les océans, du gluten, des sels d'aluminium, de la pollution des nappes phréatiques, du glyphosate, de la déforestation, des produits laitiers, de la grippe aviaire, du diesel, des pesticides, du sucre raffiné, des perturbateurs endocriniens, des arbovirus, des compteurs Linky, et j'en passe.

    - Il s'agissait pour la plupart de vieux traités d'arithmétique ou d'agronomie, achetés au mètre par un Arcady plus soucieux d'assortir des reliures à nos fauteuils que de proposer de vrais livres à notre soif de connaissances".

    - L'amour est faible, facilement terrassé, aussi prompt à s'éteindre qu'à naître. La haine, en revanche, prospère d'un rien et ne meurt jamais. Elle est comme les blattes ou les méduses : coupez-lui la lumière, elle s'en fout ; privez-la d'oxygène, elle siphonnera celui des autres ; tronçonnez-la, et cent autres haines naîtront d'un seul de ses morceaux.

    - C'est une femme d'âge moyen qui me reçoit : grande, massive, les cheveux d'une couleur inventée par les coiffeurs, entre cappuccino et marron glacé.

     

     


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  • J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération "Masse critique" du mois d'octobre 2018, organisée par Babelio.

    Merci à Babelio et aux éditions "Cairn - Du Noir au Sud".

    Informations pratiques :

    Roman de Gilles Vincent paru en mai 2018 aux Editions Cairn - Du Noir au Sud. 156 pages. Prix : 8,50 €

     

    La 4ème de couverture :

    Ils ont peint sur la roche l'azur du ciel, le rouge des blessures, l'ocre des toisons de la préhistoire, sans savoir qu'un jour, sans prévenir, dominerait le sombre du.... Noir Vézère. Il y a dix-sept mille ans, sous une colline de Dordogne, un homme dessine une des plus belles énigmes de l'histoire humaine. En 1919, deux rescapés de la Grande Guerre vont se glisser sous terre, poser leurs yeux sur d'impressionnantes fresques plus que millénaires. De nos jours, emmurés par accident sous les roches de Lascaux, une capitaine de Gendarmerie secondée d'un préhistorien chevronné vont mettre à jour une bien ancienne et mystérieuse scène de crime... Dans ce roman mi-préhistorique, mi-polar contemporain, l'auteur nous offre un voyage fascinant au coeur de toutes ces énigmes. Nous conte la décision d'un homme ; transcender sa condition d'humain en celle d'artiste.

     

    L'auteur :

    Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l'écriture. Il est aussi l'animateur d'ateliers d'écriture en milieu scolaire, en prison, à l'hôpital... Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l'habite... Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l'aube.

     

    Mon ressenti :; 

    Ce roman se déroule sur 3 périodes, dans un même lieu, près des grottes de Lascaux.

    J'ai appris beaucoup de choses sur la vie des hommes préhistoriques il y a 17 000 ans. Deux hommes découvrent les grottes. Ngem est chasseur et artiste dans l'âme. Il veut garder une trace des animaux qu'il chasse et va le faire dans une caverne, aidé de son fidèle ami, Pkoh.

    En 1919, ce sont deux anciens soldats, Delbos et Bouillon, qui vont découvrir les grottes et les fabuleux dessins de cerfs, bisons, taureaux... Ils vont taire leur découverte et les grottes de Lascaux ne seront officiellement découvertes que 21 ans plus tard.

    La 3ème histoire se déroule en 2017, toujours à Montignac. Frédérique Esperandieu, capitaine de police et Léo Collignon, professeur en paléontologie se retrouvent emmurés dans ces mêmes grottes.

    Les trois histoires sont imbriquées et nous donnent l'occasion de découvrir des personnages bien brossés. La fin est très bien trouvée et l'histoire est crédible, bien que ce soit une oeuvre de fiction.


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