• Informations pratiques : paru en 2013 aux éditions Albin Michel. 564 pages. Disponible en Livre de Poche. Prix Goncourt 2013.

    La 4ème de couverture :

    « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. »

    Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts...
    Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
    Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

     

    Mon ressenti :

    L'histoire commence à la fin de la guerre 14-18, quelques jours avant l'armistice. Albert Maillard, comptable dans la vie civile est témoin de la duplicité du lieutenant d'Aulnay- Pradelle qui les pousse à attaquer dans la côte 113. Devenu témoin gênant, il est poussé dans un trou par l'officier, recouvert bientôt de terre et gravats. Il échappe à la mort grâce à une tête de cheval, et surtout grâce à un autre poilu, Edouard Péricourt qui le sauve et reçoit alors un éclat d'obus en pleine face, devenant "une gueule cassée".

    Ces deux-là seront désormais liés à la vie à la mort. Albert va aider Edouard à changer d'identité pour ne pas rentrer chez lui, retrouver son père industriel très aisé et sa soeur, puis il s'occupera de lui à la fin de la guerre, le logeant, l nourrissant et lui fournissant la morphine indispensable pour soulager ses souffrances.

    Les poilus ont du mal à se reinsérer et certains profitent du malheur des autres, sans vergogne, comme Pradelle.

    Edouard, dessinateur talentueux, va convaincre son ami Albert de réaliser une arnaque incroyable en profitant de la volonté des municipalités d'honorer la mémoire des soldats morts.

    Le récit est captivant. Les personnages sont bien campés et la société d'après guerre est finement décrite, avec tous ses travers : importance des réseaux, abus des riches et des puissants, arnaques et débrouilles en tous genres...

    Pauvres poilus, morts ou vivants !

     

    Merci Pierre Lemaitre pour ce très beau roman !

    Albert Dupontel  sort en octobre un film tiré de ce roman, avec lui-même, Laurent Laffitte, Niels Ariestrup. 

     

    Quelques extraits :

    - "Son gendre pouvait sombrer, lui, Marcel Péricourt, resterait sur la berge, l'oeil vif, avec autant de bouées que nécessaire pour sauver sa fille et ses petits-enfants.

    Mais lui,il le regarderait se dabattre, sans lever le petit doigt.

    Et s'il fallait lui appuyer sur la tête, rien d'impossible."

     

    - "Le cœur affolé dans la poitrine, le voici dans le hall haut comme une cathédrale, des miroirs partout, tout est beau même la bonne, une brune aux cheveux courts, rayonnante, mon Dieu, ces lèvres, ces yeux, tout est beau chez les riches, se dit Albert, même les pauvres."


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  • La 4ème de couverture :

    Père placide et d'humeur conciliante, voilà Marc parti vers le sud avec sa fille Anne qu'il vient d'enlever à son hôpital psychiatrique pour le week-end. Mais la petite escapade tourne bientôt à la cavale. Anne ne veut plus rentrer, surtout pas à l'asile. Elle veut aller loin, très loin, le plus loin possible. Constellée d'incendies bizarres et semée de cadavres, la drôle d'équipée se transforme vite en un hallucinant road-movie. Avec férocité, avec fragilité aussi, les personnages de Pascal Garnier s'accrochent à leurs rêves naïfs ou dérisoires, en éclopés de la solitude fuyant le réel pour davantage s'y perdre. Ange du mal déguisé en cordon bleu ou en tueur à gages flapi, ce sont décidément des gens comme vous et moi, des monstres candides en proie à leur plus chère folie. 

    Mon ressenti :

    Marc retraité sans histoire achète un chat vieux et gros, que Chloé, sa femme,  baptise "Boudu". Tous les 14, chaque mois, il rend visite à Anne, sa fille, internée dans un asile et cette fois il ne la ramène pas.

    Laissant tout et achetant un camping-car, il part en voyage avec elle, direction la mer, puis Agen... Ils rencontrent des personnages rocambolesques, cabossés par la vie et sèment des cadavres sur leur passage.

    Les personnages ne sont pas attachants : l'une est folle et l'autre l'est presque, mais j'ai lu avec plaisir ce livre à l'humour déjanté.

     

    Un extrait :

    -  Marc avait toujours aimé le gris, parfait compromis entre le noir et le blanc, déclinable à l'infini. Pourquoi n'existait-il pas de mot faisant office de gris entre le oui et le non ? Quelque chose comme "peut-être", mais en plus subtil. 


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  • J'ai emprunté à la médiathèque deux romans d'un auteur inconnu pour moi, un peu au hasard : "La théorie du panda",paru en 2008 et "Le Grand Loin", paru en 2010.

    Pascal Garnier (1949-2010) vivait en Ardèche où il peignait et écrivait. C'était un maître du roman noir. Ces deux romans sont publiés aux éditions Zulma et ont respectivement 175 et 158 pages.

     

    La théorie du panda

     

    La 4ème de couverture :

    Grâce à ses talents de cuisinier et son charisme indolent, Gabriel - à peine débarqué dont ne sait où - tisse des liens très forts avec les habitants d'une petite ville de Bretagne : une bien belle réceptionniste d'hôtel, deux junkies au bout du rouleau et surtout José, le patron du Faro, dont la femme est à l'hôpital. pareil au panda en peluche échoué sur le comptoir du Faro, Gabriel offre sa personne et son temps à celles et ceux qui viennent à lui, plus surpris ou séduits que méfiants. Et pourtant, s'ils savaient... Une fois de plus, Pascal Garnier déploie ici tout son charme.

    Mon ressenti :

    Gabriel arrive dans une petite ville de Bretagne, prend une chambre dans un petit hôtel tenu par une avenante réceptionniste, Madeleine, puis va dîner dans le seul restaurant du village, tenu par Faro, dont la femme est hospitalisée. Il reviendra et préparera des petits plats pour ses nouveaux amis : Faro, Madeleine, Marco et Rita .

    J'ai bien aimé le personnage de Gabriel, au début. Prénommé comme l'archange et venu d'on ne sait où, il aimante les cabossés de la vie en les écoutant, achetant un saxophone pour dépanner Marco et l'offrant à la fille de Faro, toujours prêt à aider...

    Les 25 dernières pages sont inattendues, déroutantes.

    Un extrait :

    - "On semble vouer ici un culte à la symétrie. De part et d'autre de l'allée centrale semée de gravillons, le même carré de pelouse, le même arbre fruitier, le même massif d'hortensias contre le même muret de pierres gris vert.

    En pliant le décor verticalement à l'aplomb de la pointe du toit, chaque élément de la partie gauche coïnciderait parfaitement avec celui de la partie droite, carré de pelouse sur carré de pelouse, arbre sur arbre, massif d'hortensias sur massif d'hortensias, frère sur soeur, moitié de grand-mère sur moitié de grand-mère".


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  • Rebecca est une amie blogueuse dont je fréquente le blog : "Le fil d'argent" depuis plus de 2 ans. Rebecca nous a fait partager ses difficultés pour publier son premier roman. Elle s'est entêtée et a choisi l'auto-édition.

     

    Informations pratiques : Paru en août 2017. Disponible sur Amazon en cliquant ICI. La couverture est de Mathieu Biasotto.

     

    La 4ème de couverture :

    Thomas Gordon, journaliste d’investigation au New-York Daily News, voit son existence basculer un jour de blizzard. Et rien ne l’avait préparé à ça. Comment reprendre le cours de sa vie lorsque l’on se retrouve soudain doté de dons paranormaux ? Comment rester les pieds sur terre lorsque l’on peut désormais sortir de son corps et dépasser les limites de l’Espace et du Temps ? 
    Bientôt les coïncidences s’accumulent et un puzzle hallucinant prend forme… Pour ne pas devenir fou, Tom devra s’engager corps et âme dans l’enquête la plus incroyable de sa vie, où Passé et Présent se trouvent étroitement liés. Et si rien n'était dû au hasard ?

     

    Mon ressenti :

    C'est prenant, bien documenté, et l'on ne s'ennuie jamais.
    Rebec entrelace 2 histoires :
    - celle de Tom qui vit et travaille, de nos jours, comme journaliste à New-York. Victime d'un accident de la circulation il reste 3 mois dans le coma, et se réveille doté de pouvoirs étonnants.
    - et celle de Simon, lycéen de confession juive pendant la seconde guerre mondiale, qui va devenir résistant pour échapper aux rafles et tenter de sauver ces soeurs jumelles, Pauline et Renée, musiciennes virtuoses.
    J'ai beaucoup apprécié cette partie historique, très bien documentée et particulièrement émouvante.
    J'ai pleuré à certains passages, en lisant les atrocités perpétuées dans les camps de concentration.
    Rebecca a su montrer la dualité de certains personnages comme Henri Bercueil, chef d'orchestre talentueux...
    Chapeau bas, Rebecca : tu as bien fait de persister ! 
     
    Une autre critique de ce livre à lire chez Corinne du blog "The flying bookmark"...

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  • Je vous ai parlé de trois livres que j'ai beaucoup appréciés :

    - "Petits secrets et grands mensonges" de Liane Moriarty

    - "En un monde parfait" de Laura Kasischke

    - "La fille du train" de Paula Hawkins

     

    J'en ai lu deux autres : "Du beau linge" de Régis Franc et "Un saint homme" de Anne Wiazemsky, empruntés à la médiathèque.

     

    "Du beau linge" de Régis Franc

    L'auteur : Régis Franc a collaboré au magazine Pilote.

    Informations pratiques : paru en 2001 aux éditions Robert Laffont.

    La 4ème de couverture : 

    Il fait chaud, c’est l’été. Voici Plume, grosse adolescente de quinze ans qui se prend pour la reine d’Angleterre. Qui vient d’acheter son premier soutien-gorge et rentre chez elle dans le faubourg de Bel-Air, un quartier de pauvres gens, un ensemble de baraques mal foutues incrustées à la sortie de la ville. Voici Georges dont les vignes s’adossent au faubourg de Bel-Air. Monsieur le Comte est sur les dents. Tout à l’heure il donne une fête au château pour Élisabeth, l’amour de sa vie, une jeunesse qu’il a connue dans un bordel de Béziers et qui revient vers lui trente ans plus tard. Voici les fauteurs de trouble : l’affreux Mimile, salaud de la première heure ; le fakir Janine, apprenti tapette au grand coeur ; la vieille Sophina, esclave soumise aux désirs pervers des comtes père et fils. Et voici la lumière, Calidad Esperanto, venue à pied d’Andalousie, la beauté du jour à treize ans pour le malheur de son père. Les dés ont roulé dans la chaleur du Sud, les destins n’ont plus qu’à se croiser. 

    Mon ressenti :

    La quatrième de couverture résume bien le livre.

    Il fait chaud, très chaud. Les personnages sont déjantés, complètement.

    Plume porte un soutien-gorge en satin pour l'achat duquel elle a englouti toutes ses économies. Elle rencontre le fakir Janine dont elle tombe amoureuse et qui va tomber dans les mains de sa mère et de Calidad.

    Le comte Georges, assisté par Villac, son intendant et demi-frère, organise une grande fête qui va virer au drame.

    Cela m'a fait penser à une BD olé-olé où les personnages se poursuivent pour se grimper dessus plus qu'à un roman...

     

    "Un saint homme" de Anne Viazemsky

     

    L'auteur : Anne Wiazemsky est la petite-fille de François Mauriac. Actrice, écrivain, scénariste

    Informations pratiques : paru en janvier 2017 aux éditions Gallimard. 120 pages

    La 4ème de couverture :

    – Allô? Allô? Anne? C’est vous? Oui, je reconnais votre voix… Elle n’est plus la même, plus grave, moins enfantine… Mais tout ce temps qui a passé… Je vous ai déjà appelée il y a une demi-heure, il y avait une machine, un répondeur, un truc, je n’ai pas laissé de message. Juste avant, j’avais entendu par hasard votre intervention à la radio. J’étais si stupéfait! Je conduisais, j’ai stoppé net et me suis arrêté dans le premier café. Un annuaire et vlan je vous appelle. J’ai repris la voiture et j’étais si ému que j’ai failli emboutir un arbre! Vous entendre, à la radio tant d’années après, vous ne pouvez imaginer le choc! Et là, juste dans la façon dont vous avez dit "allô", je vous ai reconnue! 
    – Père Deau!

    Mon ressenti :

    Dans cette biographie l'auteur nous parle du père Deau qui a été son professeur de français à Caracas (Vénézuela) et son mentor, l'encourageant à écrire. Il ne cessera jamais de la soutenir et l'encourager, toujours disponible pour celle qu'il considère à la fois comme sa fille et sa soeur. 

    C'est un beau portrait d'homme.

    J'ai aimé le style de l'auteur, ses évocations de Bordeaux, et de Malagar, la propriété familiale des Mauriac.

    C'est court et le portrait brossé reste assez superficiel.


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