• Durgalola, à la tête des Croqueurs de mots a proposé ce Défi 218 : "Auprès de mon arbre"

    Imaginez, pour le défi de ce lundi, que vous êtes un arbre (chêne, bananier, charme, ce que vous préférez) et racontez votre histoire en une trentaine de lignes.

    Au début de votre texte, vous insérerez une citation ou un proverbe relatif à un arbre.

     

    "Il faut des centaines d'années pour faire un chêne et quelques minutes pour l'abattre" - citation de Cyril Guedj

     

    J'étais un beau chêne planté il y a 34 ans. Je bourgeonnais de partout et j'abritais des petits habitants : sitelles torchepot qui se promenaient le long de mon tronc, tête en bas...

    de gentils écureuils parfois...

    Je servais de perchoir à des tourterelles, des mésanges charbonnières, des bergeronnettes grises.

    Une fois, j'ai même eu la visite d'une huppe fasciée...

    Je dominais le paysage : 2 routes à mes pieds, et au loin : le Bassin d'Arcachon...

    Au printemps, des tulipes sauvages poussaient à mes pieds.

    Quelques branches trop vigoureuses ont été tranchées, et des capricornes se sont installés.

    Mais je continuais à abriter de gentils habitants, ce qui compensait...

     

    Les chats de la dame aimaient grimper sur mes branches...

    Et puis, début 2018, un jardinier professionnel a suggéré à la propriétaire du jardin de faire couper les branches attaquées par les capricornes, qui risquaient de tomber et lui a envoyé un collègue élagueur.

    Ils sont arrivés à 2. L'un avait un harnais et a grimpé tout en  haut. Il a coupé pas mal de branches, mais pas celles abîmées ! La dame lui a demandé de le faire, et finalement je me suis retrouvé très élagué.

    C'était en février...

    J'ai eu une poussée de branches dans les mois qui ont suivi. Il a fait très chaud, pas beaucoup plu, des fourmis m'ont attaqué. Les brindilles ont séché.

    Un jour une camionnette blanche s'est arrêtée et le conducteur a proposé à la dame de m'abattre en disant que j'étais mort.

    Elle a refusé mais depuis elle est inquiète sur ma santé.

    Le jardinier professionnel est revenu pour tailler la haie et elle lui a demandé s'il croyait que j'étais mort. "Il faut attendre, il va peut-être repartir..." a-t'il dit.

    Mars 2019 : les chênes qui m'entourent bourgeonnent, et moi je suis toujours sec.

    Suis-je mort ou, dans un dernier sursaut, vais-je repartir à l'assaut du monde ?

     


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  • En septembre dernier je suis allée chez mon docteur généraliste - pour obtenir un certificat d'aptitude à la pratique de mon sport préféré, le tennis de table. Ce docteur m'a prescrit un bilan sanguin, une visite chez le cardiologue, et un bilan chez un dermatologue. Plus on vieillit et plus les bilans médicaux deviennent indispensables.

    J'ai pris rendez-vous chez la dermatologue, une doctoresse lumineuse chez qui je suis déjà allée deux fois, si lumineuse que je n'ai obtenu un rendez-vous qu'en mars 2019.

    Pour le cardiologue et les examens sanguins, j'ai attendu.

     

    Le 8 mars, je suis allée voir un cardiologue que je n'avais encore jamais rencontré mais qui suit plusieurs de mes co-équipiers de ping-pong. Il m'a fait passer un électrocardiogramme. Tout allait bien jusqu'au moment où il a placé son stéthoscope sur mon cou et a écouté longuement.

    "Je vais vous envoyer passer un écho doppler. Vous avez un petit souffle sur les carotides", m'a-t'il dit.

    Moi : Un petit souffle ?

    Le cardiologue : Je ne suis pas inquiet... Passez l'examen d'ici 1 mois...

    Il m'a donné une ordonnance pour passer un échodoppler et demandé de prendre aussi un rendez-vous pour un test d'effort. J'ai obtenu dans le même hôpital les deux rendez-vous, le 1er pour le 27 mars et le second pour le 19 avril.

    Je suis rentrée chez moi et j'ai cherché sur internet : "souffle sur carotide". Je n'aurais pas dû...

    L'existence d'un souffle sur la carotide traduit la présence d'une plaque d'athérosclérose (sténose carotidienne) susceptible de migrer vers les yeux ou le cerveau. Selon le pourcentage de carotide bouchée, ce sont des médicaments qui sont prescrits ou une opération...

    J'en ai parlé à mes proches. Mon fils cadet m'a dit : "Tu devais l'avoir depuis longtemps..."

    Oui, peut-être... Mais il y a le moment avant : où tout allait bien et l'on ne savait rien et celui d'après, où l'on vient d'apprendre la mauvaise nouvelle.

    Pendant trois semaines, je me suis fait beaucoup de soucis et j'ai mal dormi. Personne ne prenait à la légère ce diagnostic...

    J'en ai parlé à quelques amis avec qui je m'entraîne et joue au tennis de table (les plus discrets), tous plus âgés que moi. Deux ont aussi une plaque sur la carotide : l'un avec 20 % d'obstruction n'a pas eu de médicament, l'autre avec un taux de 85 % a été opéré et se porte bien.

    J'ai supprimé tout ce qui pouvait accroître le cholestérol, générateur de ces plaques, passé le bilan sanguin...

    Le 27 mars, je suis arrivée en avance à mon rendez-vous pour passer l'écho doppler. Un opérateur m'a fait entrer dans une petite salle d'examen. J'ai eu pour consigne d'enlever mon pull et me coucher sur la table d'examen en attendant le docteur.

    Je n'avais pas de montre et je ne sais combien de temps j'ai attendu, couchée, inquiète, comptant les néons au plafond (16) et tous les petits rectangles formés par les séparations sur chaque néon (256, 16*16)... Le temps était figé, l'attente interminable. Quel pourcentage allait trouver le docteur ?

    Celui-ci a fini par entrer et pratiquer l'examen, indolore mais stressant. Il ne disait rien. Je voyais à l'écran des flux rouges et je lui ai demandé si c'était la plaque...

    Non, m'a-t'il répondu mais il ne faut pas parler car cela génère des parasites...

    Après quelques minutes, le docteur m'a dit que je n'avais pas de sténose carotidienne. Le cardiologue lui avait signalé un souffle de 1/10, mais il n'y avait rien.

    Comme j'ai été soulagée ! Incroyable ! Je suis rentrée chez moi, en vélo, toute heureuse... 

     

     


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  • A la rentrée 1966, j'ai fait mes débuts en 6ème au Lycée Joseph Chaumié à Agen, un lycée de filles. Je n'avais pas encore 10 ans. J'étais minuscule et mon cartable était presque plus gros que moi.

     

    Tous les matins je prenais un bus à 6h30, à 500 mètres de chez moi, pour aller à Agen, à 6 kms. Mon père m'accompagnait jusqu'à l'arrêt car il fallait traverser la Nationale 113, très passagère. Le bus nous laissait sur la Place de la Préfecture et j'avais presque une heure d'attente avant d'entrer au Lycée. 

    Je ne me souviens pas des professeurs, ni des autres élèves. Nous avions des cours de couture et de tricot, de l'anglais, du latin. Nous portions un tablier en vichy rose sur nos vêtements et les cartables, en cuir, nous suivaient toute la scolarité. Je portais beaucoup de vêtements donnés par ma tante, sans jamais rechigner.

    Il n'y avait pas de course aux marques.

     

    Après l'école je repartais vers la place de la Préfecture attendre le bus avec mon cartable qui pesait une tonne. Je portais dedans tout le matériel exigé par les professeurs, et lorsque j'avais latin un gaffiot (dictionnaire latin-français de 1700 pages), volumineux et lourd de plusieurs kilos...

    Parfois je rencontrais Josiane, une autre élève de 6ème qui vivait près de chez moi et sa cousine, élève de terminale.

    52 ans plus tard je remercie "la cousine" qui a souvent porté mon cartable, à la sortie du lycée. 

     

    Les professeurs m'aimaient bien car j'étais sage comme une image. Mais j'étais petite, timide, trop jeune et pas vraiment populaire parmi les élèves.

    Je me souviens de vaches qui rit écrasées dans mon cou par une autre élève, à la sortie de la cantine, sans raison.

    Et des questions insidieuses qui me furent posées à l'entrée en 5ème : "Es tu jeune fille ?". Je me suis demandée longtemps ce qu'elles voulaient dire avant d'oser enfin en parler à ma mère...

    Plus tard elles me demandèrent si j'avais déjà embrassé un garçon, si j'étais déjà sortie avec un garçon.

     

    J'ai eu quelques amies mais je me sentais mal à l'aise, pas à ma place.

    Au moment de passer en seconde j'ai été ravie de changer de lycée et de rejoindre un lycée technique mixte... 


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  • Avec les 3 petits mots magiques, Monsieur le voleur, je vous le demande humblement : rendez-moi mon ordinateur portable.

    Détricotons ce que vous avez fait samedi après midi, chez moi entre 16h30 et 17h30...

    Vous avez forcé le système d'ouverture de ma baie vitrée avec une barre de fer ou autre objet du même style. Vous êtes entré dans ma véranda, avez refermé derrière vous.

    Mon ordinateur portable était allumé sur le canapé. Vous l'avez débranché et fourré dans votre sac à dos.

    Grand, le sac à dos car c'était un ordinateur 17 pouces...

    Vous avez pris aussi le chargeur et la souris, puis vous  êtes allé à mon sac à main, avez cherché ma carte bleue qui n'y  était pas, ouvert mon porte-monnaie, laissé 3 billets de 1 dollar, 3 tickets de manège (pour Alban, mon petit-fils), 1 "tickcarte" pour le tram de Bordeaux, et pris le billet de 50 € qui s'y trouvait, plus des pièces de 1 et 2 €. 

    Vous avez repéré mes sacs photo et les avez pris, fait une razzia sur le contenu d'un 3ème sac, avant de vous diriger dans ma chambre fouiller mes armoires, dérober mes bijoux...

    Pour mon cher ordinateur, il ne vaut pas cher... Vous n,'en tirerez pas grand chose. Peut-être même que vous le jetterez...

    Je l'ai tant et tant utilisé que certaines touches sont effacées : le E, le N, le S, le T ne se voient plus.

    La batterie tient une demi-heure au grand maximum...

    Mais il contenait des fichiers précieux pour moi, et toutes mes photos numérisées.

    Ma dernière sauvegarde sur disque dur externe datait du 23 décembre 2017...

     

    Comme vous m'avez volé aussi mes cartes mémoire, je n'ai plus les photos :

    du soir du 24 décembre passé avec mes deux fils et leur petite famille,

    ni du 25 décembre au matin avec les deux cousins, Alice et Alban se tenant par la main, attendrissants, pour s'approcher du sapin de noël et de leurs cadeaux...

    ni du reste de ce Noël passé en compagnie de Julien, Célia et Alban.

    Parties avec vous celles des premiers jours de mes petites-filles, Victoire et Manon, nées en avril et mai 2018...

    Disparues les photos prises à la réserve ornithologique du Teich : heureusement que je n'avais pas vu le gorge-bleue et raté la photo du merveilleux martin-pêcheur

    Envolées les photos prises à la Vallée des Singes de Romagne avec Alice, son papa et sa petite soeur...

     

    Je peux bien fulminer, râler, taper du pied, bouder,  grogner, protester, me plaindre, récriminer, rager, enrager, maugréer, rouspéter, maronner, clabauder, marmonner, ronchonner, bougonner, rouscailler, rognonner, bisquer, comme Kevin... Cela ne fera pas revenir  mon portable et mes cartes adorées...

     

    Ce n'était que des photos, des mots et des chiffres assemblés. Il reste les souvenirs de ces bons moments, de ces émerveillements...

    Faites des sauvegardes des données qui vous sont précieuses, régulièrement...


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  • Squirel, mon chat, a adopté un sac, celui de mon amie Cathycat.

    Il y a quelques jours, Cathycat du blog : "La new cathzette" est venue passer la journée avec moi.

    Elle est venue en bus et avait pris un vieux sac pour transporter des livres : certains que je lui avais prêtés et d'autres qu'elle me prêtait. Au retour elle m'a laissé son sac usé, préférant emporter des livres dans une poche en plastique.  J'aurais pu jeter le sac mais je l'ai gardé pour ma soeur Pascale qui récupère boucles, bandoulières, doublures pour créer ses sacs en jeans.

    Squirel-le chat à collerette- a tout de suite adopté le sac de Cathycat. Quand il est dans la maison, il se couche dessus pour dormir...

     

    Il semble le trouver très confortable, et ne laisse pas sa soeur, Ecureuille s'en approcher...

     

    Quand il est dehors il aime bien se coucher dans mon chapeau, même s'il est un peu serré...

     


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