• Cette photo a été prise par mon fils Julien et envoyée par mail, il y a quelques semaines pour me donner envie d'aller le voir, en Corse. Beau coucher de soleil  avec des nuages formant le début du mot magique "Corsica".

    Douce nuit à tous...


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  • Ile Lavezzi mai 2009

    Cinquante ans sont passés vite,

    Cinquante ans, retourne toi, petite,

    De ton chemin, es tu fière ?

    N’aurais tu pu mieux faire ?

    Tendre plus de mains,

    Sourire plus souvent,

    Dire plus souvent « Je t’aime » à tes parents,

    Te promener plus souvent avec ta mère,

    L’amuser, la distraire,

    De son vivant,

    Venir la voir plus souvent,

    Lui faire découvrir d’autres pays,

    D’autres chemins et des amis,

    Partager plus de choses avec elle ?

     

    Ouvre les yeux : la nature est belle.

    Vis, ris, tant qu’il est encore temps !

    Avance sur le chemin des découvertes,

    Allonge toi sur l’herbe verte,

    Comme le font les enfants.

    Ris à la vie, petite,

    Après la pluie l’arc en ciel t’invite

    A l’admirer

    Et venir à son pied.

    Ne rate pas les couchers de lune

    Et le lever du soleil dans les dunes,

    L’odeur du chèvrefeuille,

    Entortillé dans les haies,

    Le parfum des roseraies,

    Sous le soleil le chatoiement des feuilles,

    La mer toujours renouvelée,

    L’herbe qui ondule par le vent caressée.

     

    Trois fois, tu as cru trouver l’homme de ta vie,

    Et ce n’était pas lui.

    Tu as rencontré un faux prince charmant

    Mais ce ne fut qu'un simple amant.

    La passion est passée,

    Te voilà toute cabossée.

    Mais si un jour, au bord du chemin,

    Un homme te sourit

    Et te tend la main,

    Alors souris-lui toi aussi.

     

    La tristesse t’a tellement grignoté la tête et le cœur

    Que la place est grande pour l’emplir de joie et de bonheur !

    Ecureuil bleu, en septembre 2007



    Ile Lavezzi - mai 2009

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  • Maman, je t'aimais...
    A 71 ans ma mère était en pleine forme, dynamique, sportive, débrouillarde, tout ça depuis que mon père l'avait quittée 20 ans plus tôt pour une autre.
    Je lui ai parlé le lundi 13 décembre 2004 à 13 heures, juste avant "Les feux de l'Amour". Je voulais la convaincre de venir passer Noël à Mérignac, chez moi, mon frère Philippe étant au Brésil pour 6 mois, à la recherche d'un éventuel emploi. Je n'ai pas été très convaincante car j'avais à l'époque des soucis de famille recomposée entre les 3 enfants de mon ex et les 2 miens. "Je suis contente, il fait beau aujourd'hui. Le brouillard a disparu, je vais enfin pouvoir sortir en vélo", m’a-t-elle dit. « Embrasse bien tout le monde ».

    Sans permis de conduire et sans auto, ma mère se déplaçait toujours à vélo ou à pied. Souvent elle nous racontait un camion qui l’avait frôlée ou une voiture qui lui avait coupé la route et l’avait obligée à sauter dans le fossé. La dernière fois que je l’ai vue elle en avait encore parlé. « Un jour je me ferai renverser sur la 113 », disait-elle. Elle était donc toujours très prudente.

    Le mardi j'ai déjeuné à la cantine d’entreprise, avec des collègues, et puis je suis allée faire un tour dans la galerie commerciale de Mériadeck. Je revois très bien où j'étais quand mon téléphone a sonné. Aurélien en pleurs (16 ans 1/2) : "Mamie s'est fait écraser par un camion. Elle est morte". Je suis rentrée chez moi comme une somnambule et puis nous sommes allés à l'hôpital d'Agen et à la gendarmerie, avec mes fils et leur père, dont j'étais déjà divorcée.
    L'accident avait eu lieu la veille à 15H15, juste après les feux de l'amour. Ma mère avait pris son vélo comme d'habitude et était partie faire des courses dans la zone commerciale d'Agen. Un semi-remorque qui n'aurait pas dû passer là parce que la route est étroite l'a doublée et envoyé valdinguer sur des pierres. Les secours sont arrivés assez vite mais les gens l'avaient déplacée, elle et son vélo pour passer plus vite, et le chauffeur du camion s'est enfui malgré les klaxons des voitures derrière lui.
    Elle a été emmenée à l'hôpital d'Agen où elle est décédée quelques heures plus tard, sans que nous ayons été prévenus. Les gendarmes n'ont pas fouillé son portefeuille où elle avait soigneusement noté nos coordonnées. Ils ont juste été chez elle, à l'adresse indiquée sur sa carte d'identité et où -bien sûr- elle n'était pas... J'ai été à la morgue, la reconnaître, seule, et discuter avec le médecin des urgences. De toute façon j'étais sonnée. Ma soeur Pascale n'a pas pu. J'ai dit à tous qu'elle n'avait pas souffert, qu'elle était tombée immédiatement dans le coma, mais je n'en sais rien. Le soir il a fallu que je prévienne mon frère au Brésil, mon frère qui vivait avec elle... Le lendemain j'étais au boulot, parce qu'en parler est ce qui me libère le plus.

    Des témoins sont venus raconter : ceux qui avaient klaxonné pour obliger le camion à s’arrêter, une dame qui s’était arrêtée plus loin effondrée, parce qu’elle avait eu elle aussi un accident quelques semaines auparavant. Ils ont décrit le vélo et la dame, bien sur le côté, le camion qui passait trop près en la doublant et l’accrochait, la projetant sur le côté.

    Les gendarmes ont retrouvé le chauffeur du camion grâce aux caméras vidéo du centre commercial et aux débris de feux de croisement du camion parsemés sur le lieu de l'accident. Il a reconnu être passé là à l’heure maudite mais a nié avoir renversé une cycliste et s’être enfui.

    Les témoignages n’ont pas été jugés valides car le camion n’était pas correctement décrit et rien n'a pu être prouvé car le corps avait été déplacé...  Le rapport de gendarmerie a émis plusieurs hypothèses dont une selon laquelle ma mère aurait quasiment provoqué elle-même son accident en venant s’accrocher au camion. Fourmi contre éléphant, pot de terre contre pot de fer…

    Nous avons appris plus tard que le chauffeur de camion, âgé d’une trentaine d’années, avait déjà eu un accident grave dans l’année. Il a eu une attaque cérébrale quelques mois plus tard et est décédé...

    Pour faire mon deuil j’avais besoin de connaître la vérité, et je ne la saurai jamais…

    Raconter fait un peu revivre ma mère et me permet de dire à quel point je l’aimais … Je ne le lui ai pas assez dit de son vivant. Je n’ai pas pris assez soin d’elle, ni été assez présente…

    Impossible de me racheter… Dites « Je t’aime » à ceux que vous aimez…




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  • Quand le téléphone sonne,  je sursaute. Personne ne  m’appelle  plus sur le fixe : mes prunelles et mes amis utilisent les portables.

    Je me précipite, arrive essoufflée avant la fin de la 3ème sonnerie, pour éviter le basculement vers le répondeur.

    « Veuillez patienter quelques secondes, nous allons vous passer votre correspondant… ». Quel correspondant ?  Je n’ai rien demandé. Qui m’appelle et de quel pays lointain pour m’annoncer une bonne nouvelle ?

    La plupart du temps je patiente en grommelant pour entendre le bip bip qui signifie « communication coupée ».

    Parfois au bout du fil quelqu’un se présente, avec un accent  marqué :

    « Bonjour je voudrais parler à Monsieur Brigitte C. » ou « Bonjour je voudrais parler à Madame Aurélien C. ». Dans les deux cas, je réponds : « Désolée, ce n’est pas moi… »

    Autre variante : « Bonjour, vous avez été sélectionnée dans l’annuaire (ah oui, comment ?) et l’Européenne des Jeux est heureuse de vous offrir un magnifique  cadeau à venir retirer en couple…

    - Ah, désolée, je vis seule ».

    Oui mais ça ne les arrête pas. Le lendemain quelqu’un m’appelle, toujours pour l’Européenne  des jeux en m’annonçant que j’ai gagné un magnifique cadeau.

    - Pas possible car je ne vis pas en couple

    - Ce jeu là est réservé aux personnes qui vivent seules.

    Et c’est comme ça que j’ai gagné le camescope numérique dont je vous ai déjà parlé.
    Autre entrée en matière : « Bonjour nous vous avons sélectionnée parmi les personnes de plus de 50 ans...

    - Ah désolée, mais je suis plus jeune (ce n'est pas tout à fait vrai à 2 ans près).

    Autre accroche, moins stéréotypée : « Bonjour, mon mari fabrique des portails et des clôtures. N’auriez vous pas du travail à lui confier ?

    - Est-ce qu’il répare aussi les serrures de portail ?

    - Ah non, désolée.

    Je crois avoir trouvé une solution pour couper court à tout épanchement commercial téléphonique : je pose des questions. Ce n’est pas prévu dans leur script et ça me permet d'abréger la conversation.
    Je n'ai jamais acheté un seul objet ou souscrit un seul produit par téléphone. J'aime réfléchir, choisir avant d'acheter, pas être "forcée".
    Ce que je déteste le plus : les appels le dimanche ou les jours fériés avant 9 heures du matin. Même si je suis réveillée depuis belle lurette je ne supporte pas cette intrusion des télé-vendeurs, souvent vraiment très loin puisque les centres d'appels sont souvent décentralisés en Asie ou en Afrique.
    Pourquoi réponds tu, alors Gaston ?
    Et si c'était vraiment important pour une fois ?


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  • Voici des chardons qui m'ont paru magnifiques à la fois par les couleurs et les formes :
     

     


    Quelques fleurs sauvages autour de figuiers de barbarie :


    Et puis l'envol du papillon :

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