• Un roman coup de coeur, captivant et émouvant : "La salle de bal" d'Anna Hope...

    J'ai emprunté ce livre à la médiathèque.

    Informations pratiques :

     

    Roman d'Anna Hope, paru aux Editions Gallimard en 2017. 383 pages.Prix : 22 €

     

    La 4ème de couverture :

    Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un "mélancolique irlandais". Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. 
    À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John. 

    Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

     

    Mon ressenti :

     

    Ce roman très émouvant, se déroule dans un asile d'aliénés, à Sharston,  dans le Yorkshire, en Angleterre, en 1911.

    Ella est internée pour avoir brisé une vitre dans la filature où elle travaillait depuis l'âge de 8 ans. Elle espère partir très vite de cet endroit sinistre où hommes et femmes vivent dans des bâtiments austères et travaillent durement, sous la houlette de surveillants implacables. Ella est affectée à la buanderie où elle va rencontrer Clem, passionnée de littérature.

    Du côté des hommes, nous suivons John Mulligan et son ami Dan qui travaillent durement dans les champs,comme les pensionnaires valides de l'asile.

    A Sharston, c'est Charles Fuller, pas tout à fait docteur, qui accueille les arrivants et s'occupe de leur admission. Passionné de musique, il croit pouvoir améliorer l'état des patients grâce à son violon, et aux bals organisés une fois par semaine. Ces séances réunissent hommes et femmes, triés sur le volet.

    Charles Fuller souhaite intervenir au Premier Congrès eugéniste international, à Londres pour défendre sa thèse sur la musique et la ségrégation, préférables à la stérilisation préconisée par les organisateurs et soutenue par Winston Churchill.

    Mais peu à peu, des déconvenues personnelles et professionnelles vont l'amener à modifier sa position et soutenir le projet de Loi sur le Contrôle des faibles d'esprit.

    Anna Hope nous emporte dans cette période effarante avec ses personnages cabossés et attachants, dont certains sont internés simplement parce qu'ils sont indigents ou se sont énervés.

     

    J'ai été effarée de découvrir que ce mouvement d'eugénisme des aliénés avait commencé en Angleterre, en 1911 et était soutenu par Winston Chrurchill, quelques dizaines d'années avant d'être repris et mis en application en Allemagne.

    Ce livre est bien écrit, bien documenté, passionnant, avec une fin particulièrement réussie.

    J'ai pleuré en lisant les dernières pages...

     

    Un extrait :

    - Lors de leur rencontre suivante, ils continuèrent à se mouvoir en silence, sans presque se regarder, mais c'était un homme différent avec lequel elle dansait, désormais. quelqu'un dont l'intérieur, elle le savait, se déployait sur des kilomètres, même si son extérieur était aussi fermé et barricadé qu'avant.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 17 Janvier à 20:42

    j'ai lu ce livre que j'ai beaucoup aimé. Il ne faut pas oublier qu'en France, les malades psychiques et mentaux étaient systématiquement enfermés jusque dans les années 1970 dans les établissements psy. Et à force d'enfermement, ces hommes et ces femmes devenaient de plus en plus malades. Avec la création des Centres Médico-psychologiques, (psychiatres, infirmiers et possibilités d'ateliers) beaucoup de malades peuvent avoir une vie en dehors de l'hôpital. Certains travaillent en milieu normal ou protégé.

    Il me semble qu'une personne de la famille de l'auteur avait été interné en hôpital psy. 

    Bises et bonne soirée

     

      • Dimanche 20 Janvier à 18:01

        Oui, Andrée : son grand-père. Merci pour ton témoignage et bisous

    2
    Jeudi 17 Janvier à 20:48
    Merci pour ton ressenti, mais je ne pense pas le lire, pas pour le moment du moins.
    Bisous et bonne soirée
    3
    Vendredi 18 Janvier à 09:12

    Je peux comprendre ton émotion. Pour avoir accompagnée jusqu'à maintenant ma soeur, j'ai pu voir l'évolution des centres psychiatriques...

    Heureusement, même si tout n'est pas au point (manque flagrant de personnel) il y a beaucoup plus d'humanité en ces lieux.

    Bises du jour

    Mireille du Sablon

      • Dimanche 20 Janvier à 18:10

        Bonsoir Mireille. Oui et heureusement ! Bisous

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