• Pour ce 126ème Café Thé, je vous propose de délirer autour de ces photos de cygnes en vol

     

     

     

     

    Brodez autour de ces cygnes, en imaginant ce qu'ils se racontent en vol, ou bien racontez nous leurs aventures fabuleuses...

     

     

    Les consignes : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...

    Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 2 novembre 2020)

     

     

    Que vous soyez blogueur ou pas, envoyez moi votre participation 

    avant le 31 octobre 2020 à ecureuilbleu33@live.fr...

    Au plaisir de vous lire...

     

     

    Amusez vous bien !


    10 commentaires
  • Pour ce 125ème Café Thé, je vous ai proposé de nous parler d'un livre qui vous a marqué(e) lorsque vous étiez enfant : bande dessinée, magazine ou roman, parce qu'il vous a fait rêver ou par les circonstances qui l'ont mis entre vos mains,

     

    Gif emprunté sur le net

     

     

    de nous présenter ce livre et de nous raconter comment il vous a marqué(e).

     

    Les consignes étaient : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...

    Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 2 octobre 2020)

     

     

    Vous êtes 6 à avoir participé (Jill Bill, Corinne, Rose, Jean-Luc,              

     Chantal et Renée)

     

    et je vous en remercie.

     

    Bravo à tous et toutes !

     

     

    Voici les 6 participations :

     

     

     

    "Robinson Crusoë" de Jill Bill du blog "Melting-pot" :

     

    Un livre qui m'a marqué enfant...

    Oui, reçu dans le cadre d'un congé forcé,

    Une varicelle ou une rougeole...

    J'en avais pour ainsi dire jamais

    Tout comme les jouets d'ailleurs...

    Mais en revenant de son marché

    Ma mère avait eu pitié de moi, faut croire,

    De la longueur du jour au lit...

    Elle entra chez notre imprimeur !

     

    Un livre illustré, Robinson Crusoé,

    Une île déserte, un homme échoué là

    Durant 28 années... !

    (Et moi échouée à la chambre pour une dizaine,

    Pas de quoi me plaindre... !)

     

    Je le suivais page après page, ce naufragé, roux et grand...

    Il fabriqua de tout pour survivre,

    La compagnie des hommes lui manquait cependant !

    (Moi c'était celle des amies de classe...)

     

    Périodiquement des cannibales y débarquaient

    Pour sacrifier et manger leurs prisonniers !!

    L'illustration de la chose me scotchait... un bon moment...

    Un grand feu, des restes humains après repas,

    Quelle étrange coutume, abominable !

     

    Robinson pris sous son aile un de ces pauvres bougres, évadé,

    Le nomma Vendredi et en fit son compère sur l'île...

    Un beau jour, enfin, il retrouva l'Angleterre,

    Avec Vendredi,

    Il en fit son serviteur dévoué...

     

    Moi, gamine, j'eus bien du mal avec la viande, après coup,

    Ces cannibales dans mon esprit !

     

    Un livre, une histoire, oh oui ça vous marque...
     

    "Fripounet" de Corinne du blog : "Petites croix de ch'Nord" :

     

    Lorsque j'étais jeune, j'allais au catéchisme et là bas il y avait le magazine "Fripounet" j'aimais beaucoup lire cette bande dessinée, j'aimais l'ambiance, leur moralité ... et c'était une belle époque, pleine d'insouciance ...

     

     

    Fripounet

     

    "Chuchotements d'une vie..." de Rose du blog : "Golondrina 63" :

    C'était un livre qui n'avait pas de page 

    Point de bruissement de papier 

    Juste l'envie d'écouter 

    Juste chaque soir 

    Quand arrivait le moment du coucher 

    Une douce voix me susurrait l'histoire de son pays 

    C'était mon livre parlant 

    Mon favori

    Page jour après page jour 

    Soir après soir

    Comme à la nage papillon 

    Une vie de déraciné

    Bellement racontée 

    Sans aucune tristesse 

    Même si je ressentais des regrets à demi sanglotés

    Récit douceur qui pénétrait en moi 

    Au plus profond de mon âme 

    Ses jeux d'enfants là-bas 

    Dans son pays si joli

    J'ai appris à l'aimer 

    Il a su me donner les ficèles 

    Pour aimer et apprécier finalement ma richesse 

    D'être bilingue dès mon enfance 

    Et surtout d'être aimée 

    Oui il me parlait dans sa langue 

    Depuis ma naissance 

    En échange moi mes questions étaient en français 

    Il y tenait 

    Nous apprenions à l'unisson 

    Ainsi se font les enfants de tous les pays du monde 

    Mais pour cela il m'a appris à ne jamais lâcher le bon chemin 

    La douceur de son récit 

    Son enfance et tant de merveilles 

    Contraint d'abandonner 

    Sa voix avait la douceur du miel

    Chaque soir une leçon de vie 

    Histoire de son pays et leçons de géographie 

    Mon père en Espagne travaillait au  ferrocarril

    Donc les noms des villes s'imprégnaient dans ma tête 

    Et finalement la teuf-teuf du train me plongeait dans un autre monde 

    Celui des rêves et de la vie en poésie ....

    "Pif gadget" de Jean-Luc du blog "Lindeparsylviejl2" :

     

    J’ai jamais trop eu l’occasion de lire, maintenant je m’y mets un peu des fois dans les transports quand je ne suis pas entrain de jacter avec des personnes connues dans ces transports, même horaires, même places cela amène à faire des connaissances. 

    Mais j’aimais bien quand j’étais gamin, tous les weekends (je crois) le magasine « Pif Gadget », avec justement les gadgets à monter, les histoires de pif le chien et hercule le chat, les aventures de Rahan, les jeux, etc.. 

    Maintenant c’est plus les guides de voyages ou alors des récits de voyageurs, de préférence ou je suis passé. 


     

     

    "L'étoile mystérieuse" de Livia du blog : "Livia augustae" :

    Lorsque j'étais enfant, j'ai toujours rêver d'avoir des ailes pour voler, aller me poser sur les branches des arbres et pour aussi faire des pirouettes dans le ciel...

    L'étoile mystérieuse que mon frère avait reçu pour son anniversaire, fut pour moi un grand moment en compagnie de Tintin et de son adorable Milou, sans oublier le capitaine Haddock qui m'amusait beaucoup, cette BD fut pour moi presque un livre de chevet, je récitais par cœur les premières pages et épatais la famille.

    J'étais littéralement sous l'emprise de ce livre, qui me fascinait et en même temps me faisait peur, imaginez si jamais cette étoile mystérieuse, revenait un jour s'écraser sur terre ?

    L'étoile tombe donc sur la mer et forme une île que l'intrépide Tintin va aller explorer. Il embarque donc sur un bateau avec le Capitaine Haddock aux commandes.

    Un canot est mis à la mer et Tintin accompagné de son fidèle Milou arrivent sur l'île formée par la météorite, il grimpe sur un tertre pour y planter le drapeau qu'il apporté.

    Mais ils vont découvrir un monde étrange et dangereux, car là horreur une petite araignée arrivée en même temps qu'eux dans leurs bagages devient géante et va essayer de dévorer l'explorateur et son chien, il faut vite se mettre à l'abri, ils galopent tous deux poursuivis par l'arachnide géante...heureusement, Tintin s'était débarrassé du trognon de sa pomme et un pommier, lui aussi géant, avait poussé à la vitesse de l'éclair. Les pommes sont si grosses qu'en tombant, une des pommes écrase l'araignée, mais une autre tombe sur la tête de Tintin, qui sans jeu de mots "tombe dans les pommes". Le valeureux Milou aboie et tire son maître par la manche, lui mordille l'oreille car il faut absolument partir ! L'île s'enfonce irrémédiablement dans les flots !

    Enfin le canot envoyé par le capitaine arrive et tandis que Milou enveloppé dans les plis du drapeau que Tintin avait planté en arrivant sur l'île est acheminé sur le canot, Tintin lui est obligé de se jeter à l'eau accroché à une corde pour être sauvé ! Ouf !

    J'ai fait quelques cauchemars, je ne l'ai jamais avoué à papa qui venait la nuit en m'entendant hurler, car je savais qu'il m'enlèverait cette étoile mystérieuse qui me plaisait tant, mais qui l'empêchait de faire des nuits complètes !

     

    "Nous deux" de Renée du blog : "Envie de" :

     

    Quand un périodique circule dans votre famille depuis des lustres il ne peut que marquer un enfant. 

    Ce fut le cas pour Nous-Deux. 

     Aussi loin que je me souvienne des piles de ce périodique était stockée chez mes deux grands-mères, qui s'en délectaient.

    Ma mère, mes tantes toutes, l’ont lu et plus tard, achetés.  

    Inévitablement je l’ai lu très jeune aussi.  

    Dès que j’ai su lire en fait et avant même j’en regardais les images. Bien que souvent je me sois fait taper sur les doigts car les romans photos avait des clichés d’embrassades, jugée trop osées pour mes jeunes yeux. 

    Bien sûr on ne peut considérer cela de la *bonne* lecture comme un roman historique ou autres.  

    Néanmoins il passe le temps. Il offre de bonnes recettes quelques interviews et des *nouvelles*, avec chaque année un concours pour celles-ci, primé pour les 3 meilleurs et 2 romans photos, chaque mois un petit roman broché est offert en sus.  

    Même si vous raté la ligne d’une histoire rein de grave, pas besoin de réfléchir on ne se prend pas la tête. . . En plus il n'est pas bourré de pub du moins, moins que certains autres. 

    Il est aussi facilement transportable donc pratique pour certains endroits (comme la plage…rire) sans pour autant ruiner l’acheteur.  

     

    Quoiqu’il en soit vous vous en doutez la *tradition* a perduré avec moi et il faut bien avouer que cela m’a rendu service dans certains pays ou, les livres en Français n’étaient pas facilement accessible. Même si, j’ai toujours trouvé les romans photos complètement *cucul la praline*, comme le dit l’expression ce périodique est encore trouvable chez moi. 

     

    Plus sérieusement un livre qui a fait fort impressions aussi dans mes plus jeunes années fut Anne Franck.  Mais ça c'est une autre histoire. 


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  • La participation de Miss Fuji au Café Thé n° 124 - Votre autoportrait...

     

    Pour ce 124ème Café Thé,

    je vous ai proposé de broder autour de votre autoportrait, à la façon d'un portrait chinois

    (Si j'étais un arbre, je serais... si j'étais une couleur, je serais...)

    ou d'esquisser votre autoportrait avec des mots, des couleurs ou peut-être des photos d'enfance...

     

    Je vous ai présenté les 8 participations reçues (Jill Bill, Renée, Chevrette, Vagamonde, Rose, Durgalola, Abby et Gisèle)  ICI et LA, puis celle d'Assoula.

     

    Voici celle de Miss Fuji du blog : "Le blog de Miss Fuji"

     

    Mon auto-portrait  singulier

     

    Photo de mon ombre prise sur le mur du château d'If.

    Photo de mon ombre prise sur le mur du château d'If.

    Je suis le bien et le mal, 
    Je suis la lumière et l'obscurité, 
    Je suis l'amour et la haine, 
    Je suis la joie et la tristesse, 
    Je suis la force et la faiblesse, 
    Je suis tout cela à la fois, 
    Sans amour il n'y a pas de haine, 
    Et sans le bien, le mal n'existe pas. 
    Je suis un être jeune et vieux, 
    Je suis un être faible et fort, 
    Je suis un être courageux et lâche 
    je suis un être unique et banale, 
    Je suis un être simple et complexe 
    en moi ces deux forces cohabitent 
    Et, je ne peux être l'un sans l'autre 
    Car ceci est l'essence de toute vie sur terre


    5 commentaires
  • Pour ce 125ème Café Thé, je vous propose de nous parler d'un livre qui vous a marqué(e) lorsque vous étiez enfant : bande dessinée, magazine ou roman, parce qu'il vous a fait rêver ou par les circonstances qui l'ont mis entre vos mains...

     

    Gif emprunté sur le net

     

     

    Présentez nous ce livre et racontez nous comment il vous a marqué(e).

     

    Les consignes : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...

    Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 2 octobre 2020)

     

     

    Que vous soyez blogueur ou pas, envoyez moi votre participation 

    avant le 30 septembre 2020 à ecureuilbleu33@live.fr...

    Au plaisir de vous lire...

     

     

    Amusez vous bien !

     

     

    Pour moi, c'était : "Le ballon rouge"...


    12 commentaires
  •  

    Logo créé par Renée du blog "Envie de"

     

    Pour ce 124ème Café Thé,

     

     je vous ai proposé de broder autour de votre autoportrait,

    à la façon d'un portrait chinois

    (Si j'étais un arbre, je serais...; si j'étais une couleur, je serais...)

    ou d'esquisser votre autoportrait avec des mots, des couleurs ou peut-être des photos d'enfance. 

    Les consignes étaient : Ecrivez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...

    Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 6 septembre 2020).

     

    Au départ, je voulais ensuite vous faire reconnaître qui est qui, mais ce serait trop compliqué...

     

     

    Vous êtes 8 à avoir participé (Jill Bill, Renée, Chevrette, Vagamonde, Rose, Durgalola, Abby et Gisèle)

     

    et je vous en remercie.

     

    Bravo à tous et toutes !

     

     

    Hier, vous avez vu lire les 7 premières participations (de Jill Bill, Renée, Chevrette, Vagamonde, Rose, Durgalola et Abby).

    Voici celle de Gisèle.

     

    "Mon portrait par Ariane" de Gisèle du blog : "Autobiographie - Ariane Grimm" :

    Voici mon AUTOPORTRAIT. Ou plutôt mon portrait tel qu’il est présenté dans le journal de ma chère enfant Ariane Grimm et dans ses lettres.

    MEA MEA MEA CULPA (Gisèle)

    [Lettre écrite en colo - 10 ans] :

    Ma noute, Je t’aime. Je m’ennuie terriblement. J’ai reçu une lettre de toi. Elle m’a fait terriblement plaisir. Je l’adore et je dors avec. Je pleure dessus et l’encre est un peu effacée. Je t’aime ma noute, tu es la plus gentille. Je pense tous les jours à toi et puis je suis malheureuse sans toi. [...]

    J’ai de la lavande pour toi et mon bonheur de t’embrasser. Je voudrais t’avoir pour moi seule. J’ai une envie colossale, terrible, immense, gigantesque de te voir, j’ai besoin de toi, je te ferai tout ce que je peux pour toi. Je me tuerai nettement pour toi, je te veux ma noute, j’ai besoin de toi et je m’ennuie. Je t’aime. Ariane

     

    [journal - 10 ans] :

    Maman est conne, méchante, imbécile, sadique, emmerdeuse, rapportière, méchante, con, sale, désordre, mais surtout sadique, elle est emmerdeuse cette brute, cette emmerdeuse de con. Je préfère ceux qui me détestent à elle, quelle connasse, elle m'oblige à mettre une robe con, courte, si je la mets pas elle me bat. Elle m'oblige à mettre une robe pas belle et puis l'année dernière elle m'a aussi obligé à mettre une robe très courte, quelle putasse! […]

     

    [Lettre écrite en colo - 11 ans] :

    Ma nounoute, Je t’aime, je t’aime à la folie, je ne pense qu’à toi et au ski. […] Je serais parfaitement heureuse si tu étais là. Je rêve de toi, je pleure, je suis triste parce que tu me manques. Ma nounoute, je voudrais me jeter dans tes bras, t’embrasser des milliards de fois. Comme je t’aime ma noute, c’est ma souffrance. Comme je t’aime. [...] Ta poune qui t’adore

     

    [Lettre écrite à la maison - «Terriblement personnel - de Ariane à Gisèle. A lire un jour... » - 11 ans] :

    Chère Gisèle, Serait-il difficile pour toi de le croire, mais nous sommes bien en 1978 (le jour où j'écris cette lettre). Je te l'écris

    pour te dire qu'aujourd'hui nous sommes un jour où je ne vais pas à l'école car je n'ai pas envie. Tu as bien voulu ne pas me laisser y aller mais en échange, tu piques ta crise habituelle. Tu m'as donné un coup de pied important. Je ne te le dis pas mais tu me l'as lancé en plein dans le dos, un peu plus bas même. Cela me fait très très mal, surtout à ma jambe dans le bas du dos.

    Je crois que le Docteur Spaume n'a pas conseillé les coups de pied d'une grande personne terriblement en colère à un enfant qui a une maladie. Secondo, je n'aime pas qu'on me renverse mes plantes. Je n'aime pas non plus qu'on casse les assiettes pour un oui ou un non.

    […]

    Je pense que tu ne dois pas être contente de ma lettre de reproche. Je te la donnerai le jour de mes 12 ans (j'ai le temps, ça fait 11 jours que c'est mon anniversaire), donc le jour de mes 12 ans quand tu te seras habituellement mise en colère. […]

    J'espère que tu changeras. Ça ne peut plus durer. Peut-être que je te donnerai la lettre bientôt car je ne résisterai pas - ou jamais car je pourrais oublier. Je suis malheureuse. S'il pouvait y avoir plusieurs Ariane, ce serait bien. […]

    Je suis méchante mais tu me fais mal. Tu me fais pleurer. Tu casses, tu as cassé ma plante. Tu m'as fait MAL.

    Au revoir Ariane

     

    [Journal - 13 ans] :

    Voici la vérité sur ma mère, mais je vais parler à la 2ème personne :

    Comment te trouves-tu? Belle, moche, moyenne, grande, gracieuse, petite, ratatinée? Je vais te le dire : Ton visage est beau, malheureusement usé par les âges, ton nez est bossu : trois-quarts, demi-face, profil, face, tout ce que tu peux mais il est bossu ! Mais tu es belle. Moi, j’aime ta coiffure, jeune et au vent, d’un joli teint, tes yeux sont pas mal maquillés.

    Si, j’aime tes yeux.

     

    [Journal - 14 ans et demi] :

    Ici un mot [Petit mot plié en quatre, collé au cahier] que j’ai écrit à Grimm. Ça m’a bien défoulé. Je ne lui ai pas donné car ça l’aurait quand même blessée.

    [Voici le mot que Grimm ne devait pas lire] :

    3 déc. T’es con. Allez garde ce mot dans ton boxon habituel pour aller le montrer à tes copines et René. Allez va te plaindre pauvre folle. Dorénavant, ton sac, tu vas te le garder. Tu garderas tes soucis pour toi et tes histoires avec ton père […], tu te les garderas, Connasse, tu pourras les écrire dans ton cahier de mémoire à toi au lieu d’aller inspecter le mien. Ariane

    […]

    Ce soir, que foutre? Je me suis acheté un pantalon corsaire bleu cobalt. Tout à fait mode. Dès que Grimm l'a vu, elle s'est écriée: « Que c'est moche! ». C'est un peu ce que je pensais, mais je trouve que ce n'est pas gentil de sa part de me dire ça de cette manière. Je sais pourquoi elle a dit ça. Premièrement, parce que le pantalon était moche. Ça, c'est certain. Mais je vais expliquer son manque de délicatesse. Voilà: elle est contre le fait que j'aie de l'argent de poche. Seulement, elle ne peut râler contre les autres, ceux qui m'en donnent, alors elle me gronde, moi: « C'est de la folie! », et toutes mes affaires, elle les critique: « Tu t'es fait avoir! Que c'est moche! C'est monstrueux! Ridicule! Cher ! » etc. Jamais elle ne me dit que c'est joli, jamais. Alors quelle conne!

     

    [Journal - 15 ans] :

    Je suis allée avec Grimm à la piscine. Ça m'a bien détendue, et puis quel bien-être en sortant! Je me rends compte que Grimm s'est bien conservée. A son âge, elle n'a pas beaucoup de rides, une énergie terrible et un corps très musclé. Elle est très calée à ce sujet. Je trouve que c'est vraiment formidable de rester dans cet état de santé. Elle ne fume pas, ne boit pas et fait du sport. Je la félicite et je suivrai son exemple plus tard.

    […]

    Je viens de découvrir quelque chose: Grimm n'a jamais été super belle. Loin de là. Les photos d'elle ne sont finalement pas super. Elle avait seulement un visage pur, des traits réguliers. Mais sinon, c’est vrai: elle n'avait pas les yeux en amande, c'est seulement son maquillage. Et en plus, elle avait de grosses paupières. Puis sa bouche est vraiment pas attirante. Elle a de toutes petites lèvres marron et des grandes dents. C'est pas beau.

    Pour en arriver au plus moche, c'est le nez. Il est gros, un peu bossu et il rougit. Elle n'a pas non plus une jolie chevelure, ses cheveux sont crépus.

    […]

    Ici, un mot que j'ai écrit le soir même après une crise avec Grimm :

    Que diriez-vous si vous étiez peinard dans votre lit accompagné d'une douce musique et feuilletant un bouquin… et qu’une ignoble bonne femme vienne vous taper, vous arracher vos écouteurs ? Eh bien moi, je viens d'être victime de cette agression.

    Pour plus de précision, je dois vous dire que je commençais à m'endormir quand une mocheté ambulante à poil fit son apparition et me frappa.

    Tachons d’expliquer ce comportement d'aliéné propre à une seule personne : Grimm, une pauvre vieille femme qui a des problèmes mentaux très graves : elle s'est attaquée à moi dans l’intention que je m’endorme.

    Et maintenant, réfléchissons. En effet, il est vrai qu’il fallait que je me couche. Mais croyez-vous que le meilleur moyen pour qu’un enfant tombe dans le sommeil soit de le frapper ? Large preuve de stupidité, de bêtise, et digne de Grimm. Le meilleur moyen de lutter contre ce monstre: l'indifférence. Et puis, je sais que l'année prochaine, je serai enfin chez mon cher Papli, à l’abri de tout Grimm ! Une bonne perspective qui me donne du courage.

    […]

    J’ai dit à Grimm : “Je suis dans un pessimisme perpétuel.” et voici sa réponse. Je suis touchée.

    [Lettre collée au cahier] :

    « Ariane. Le pessimisme profond dont tu m’as parlé est normal. Il s'y ajoute peut-être le désarroi. A l'heure actuelle, en effet, tu es «nulle part». Tu attends. Tu n'es pas vraiment à la maison, tu n'es pas encore chez ton père. Et puis, au printemps, il se passe plein de choses en nous, surtout à 15 ans. Donc, ne t'étonne pas que tu aies envie de tout... et aussi envie de rien.

    En tout cas, en toute circonstance, je suis ton amie. Sache-le. Je t'aiderai. Je te comprendrai. Je te soutiendrai. Compte sur mon

    indulgence, mon aide, mon appui; quoi qu'il arrive, tu pourras toujours m'appeler: je serai là. Ta maman »

     

    [Journal - pendant les vacances :15 ans] :

    Je suis à Houlgate et je suis sortie avec un copain. Grimm sait que je dois le voir ce soir. Exprès, elle me propose d'aller au cinéma, au restaurant, alors qu'avant on restait ici. C’est un immense problème. Elle veut toujours que je reste avec elle. Merde. C'est normal que je sorte avec des copains de mon âge. Du coup, je suis culpabilisée de la quitter comme ça.

     

    [Dossier réquisitoire contre sa mère : « Ce qui concerne maman » - 15 ans] :

    Je sais bien que tu es désordre, nerveuse et brutale, mais ce n’est pas une raison pour me mettre mon maillot de bain dans la poubelle.

    Je sais bien que tu es désordre mais ce n'est pas une raison pour mettre du boxon dans ma chambre.

    Je sais bien que tu n'es pas soigneuse mais ce n'est pas une raison pour détériorer mes livres. J'en compte deux en un mois.

    Ariane

     

    [Lettre écrite pendant les dernières vacances d’Ariane - août 1985 - 18 ans] :

    Chère Source, Voici une petite lettre de félicitations que vous méritez certainement. Je dois vous remercier pour ce que vous m'avez apporté de richesses.

    Déjà, la plus belle à mon avis: la curiosité. Quand un être humain ne s'intéresse à rien, il perd le goût de vivre. Or, il y a toujours quelque chose qui me passionne. Maintenant, depuis ce voyage en Italie, je suis fascinée par l'architecture. J'ai eu une «période endormie» et il ne fallait que réveiller ce qu'une Source [surnom de Grimm dans les bons moments] m'avait inculqué. […] Voilà, petite Source. Je te récrirai souvent. Ariane Je t'embrasse, Source

     

    (Ariane a trouvé la mort dans un accident de moto en Espagne le 11 aout 1985)

     

    Le grand chercheur Philippe Lejeune a fait des études sur l’ensemble des écrits d’Ariane : « journal remarquable par la rage de son monologue intérieur - invectives - hargne - violence de cris et de couleurs ».

     

    lien : http://www.arianegrimm.net/PAGES/9.html

    Il concerne « L’ŒUVRE « d’Ariane.


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